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annie ferger

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Je suis veilleuse de nuit (faut bien manger) mais ma vraie vie, c'est de peindre et d'écrire. De plus, je suis sourde, oralisteet lsfiste, avec un enfant...ouf ! Il n'y a pas de mal à dire ce que l'on pense.

"Je ne cherche pas, je trouve" (Picasso), car moi je cherche, mais ne trouve pas toujours....
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05 maggio

Fin du blog

Je vous annonce que je mets fin à ce blog. Mais je continue à écrire. Ce qui m'aiment sauront où me trouver et aux autres (qui visitaient celui ci sans mettre de commentaires) je dis : Adios Cabrones mis enemigos ! Na....
03 maggio

Vide grenier à Colombes

Le 2 juin aura lieu un vide grenier sur mon lieu de travail de 10h à 18h, 13 rue Bouin 92700 à Colombes. Vous y verrez mes dessins mais surtout la gentillesse et la sociabilités des résidents handicapés mentaux ainsi que leurs éducateurs. Vous y serez accueillis avec chaleur, joie, bonne humeur et humour. Certains vendront des objets qu'ils n'utilisent plus, en bon état, et d'autres des objets fabriqués lors d'ateliers (céramiques par exemple). Vous n'êtes pas obligés d'acheter bien sûr, ce qui compte c'est la rencontre, l'échange de la parole ou du geste, la découverte de l'extrème tolérance des personnes handicapées et de leur joie de vivre, les regards échangés, l'envie qu'ils ont de se faire connaître, la fiereté de s'en sortir malgré tout. Je suis si fière d'eux que leur fait cette publicité, alors n'hésitez pas, même pour quelques dizaines de minute, le lieu est agréable dans un jardin fleuri au gazon bien entretenu avec 2 grands chênes magnifiques (entre autres arbres).
01 maggio

La haine

La mort n’a pas voulu de moi, mais je la connais bien : elle s’appelle la haine. La haine me fut révélée par mon propre père : je salirai son nom (enfin... celui de sa mère par qui tout à commencé. Et puis j'aime trop mon ti frère et mon cousin qui portent ce nom). D’autres continuèrent : Michel D.S, je salirai son nom, et Armando L.M, je salirai son nom, tous ces noms de petits merdeux, sans couilles je vais leur cracher dessus, ainsi en ai-je décidé. La haine est un poison qui conduit à la mort, je le sait : j’ai déjà une tumeur. Je ne me soignerai pas car je vais faire vite. Par contre j’utiliserai des tranquillisants pour garder les idées claires. Je vais raconter des histoires, vraies ou fausses, peu importe, dans lesquels chacun de ses péteux auront un rôle à vomir…tel est leur avenir. Il est fort probable que je n'obtienne pas la garde de mon fils, ça fait mal, c'est cruel et pourtant il va bien falloir tenir et vivre. Si Nicho gagne nous partirons certainement à l'étranger, la France elle même sera salie. J'enrage. Je tiens néanmoins à continuer de peindre des toiles sereines et colorées. C'est par l'écriture que je vais me libérer. Les mots peuvent tuer, c'est ce que s'est efforcer de faire mon père sadique durant mes 21 premières annèes, il continue à le faire avec ma mère. Avant de connaitre Ti Clown, je n'ai connu que des machos, ils sont donc majoritaires ; mais ils sont également des proies faciles car trop orgueilleux, ils ne savent pas répondre dignement. Je suis cinglée, merci Papa ; je l'assume car néanmoins j'ai réussi à trouver de beaux styles dans le domaine artistique. Mais voilà, en tant qu'artiste je regarde et observe tout ce qui constitue la vie même dans ses abords les plus moches. J'ai besoin de me lacher, de hurler, de cracher tous les microbes qu'ils m'ont donnée. Nous sommes encore pour une semaine dans un pays de liberté d'expression où même l'extrème droite peut s'exprimer sans censure alors je cracherai du venin, ça me fera du bien. Ensuite, peut être, serai-je libérée, l'âge apportant la sagesse, si j'en ai le temps. Il n'y a pas que l'écriture comme servante de ma haine : dans ma vie privée, je vais jouer avec les hommes et les mettre à ma botte. Sales cons ! Sales péteux sans couilles ni cervelles. J'accepte désormais de profiter du système, celui dans lequel le plus fort ou le plus malin s'en sort. Quand j'ai entendu ma mère pleurer au téléphone hier, le choc fut tellement rude que j'ai décidé de ne pas en venir là comme elle. C'est une femme digne mais naïve, pétrie dans le moule infame de la religion ; elle croit bien faire, mais elle s'est fait avoir. Son corps et son âme sont plus vieux que ceux de sa soeur âgée de 10 ans de plus qu'elle ! Ca me révolte.

29 aprile

Coup de gueule

J'en ai maaaaaaaaaare ! Merdeeeeee ! quand est ce que la poisse se décidera-t-elle à nous lacher les baskets ? Hein ? QUAND ? Depuis juin, nous ne vivons qu'avec elle, elle s'est attachée à nos chevilles telle un boulet et nous trainons la patte. Deux accidents de voiture et comme il fallait s'y attendre un jour ou l'autre, arrestation par les flics qui me mettent en immobilisation. Meeeeeerde ! On ne s'en sort plus financièrement, on envisage très sérieusement de travailler au noir car dès que ma paye tombe, la moitié est déjà envolée. A cause de mon crétin d'ex, nous avons été obligés de prendre un avocat alors que tout aurait pu se faire à l'amiable, mais monsieur me hait, il a décidé de me pourrir la vie et il y réussit. A croire que ce monde est du coté de ce genre de minables. Alors que je voudrais avoir mon fils à mes cotés, je suis vue comme une mère ingrate. Nous vivons à crédit et avec les réparations de la voiture, nous allons plonger. Ca fait deux fois en deux semaines que j'essaie de mettre fin à mes jours sans succès, pourtant j'y mets la dose ! Raspoutine c'est moi ! Y va p'être falloir que je reprenne la lame de rasoir...Mais bon, je résiste à cette tentation, sotte que je suis. C'est humiliant à la fin de demander de l'aide aux autres... Je suis une chieuse qui emmerde tout le monde au fond. Je ne crois même plus en ma peinture mais j'ai un pincement au coeur quand je vois tout ce que j'ai fait ainsi qu'en regardant ceux que font les autres. Je ne crois plus en rien d'ailleurs. Alors pourquoi je m'accroche hein ? C'est débile, tous les indicateurs me disent : "tu n'es qu'un parasite, fous le camp ! ". Je suis cassée, j'en ai ras le bol et pourtant, gràce à Ti Clown je reprends espoir en un avenir meilleur. Nous avons un projet en commun que nous pourrions commencer d'ici à quinze jours et qui nous sortira de la tete de l'eau, c'est risqué mais ça marche. Je m'en fous, les conventions je les transgresse avec plaisir. Aujourd'hui, nous sommes comme au temps du communisme dans les pays de l'Est : on ne survit que par la magouille ou la débrouillardise, c'est comme ça

25 aprile

Changement de signature

Depuis Août ma vie a radicalement changé. On a coutume de voir que lorsqu'un artiste change de vie il change de style. Tel n'est pas mon cas : j'ai plusieurs styles et d'autres encore dans la tête qui prendront forme un jour. Alors je change de signature, un dessin tiré de plusieurs de mes toiles.
23 aprile

Quelques critiques....positives !

Chez Beaudelaire (un lieu où j'ai vécu durant 2 mois et dont je compte raconter l'histoire dans mon blog Ziziroy), au début je ne pouvais rien faire. Même pas lire, non plus dessiner. Je restais figée, fumant mes clopes dans le froid du jardin. Ce n'est pas l'envie qui me faisait défaut, mais je ne pouvais rester concentrée. Enfin, au bout de deux ou trois semaines, j'ai pu profiter de la bibliothèque qui contenait des sujets très variables. Ainsi j'ai pu lire Karine après la vie écrit par ses parents Mr et Mme Dray et un journaliste. Un livre qui parle de la vie après la vie, ces derniers mots étant aussi ceux d'un livre que j'ai lu il y a longtemps. On y croit ou l'on n'y croit pas, ce n'est pas le propos du livre et d'ailleurs cette question est abordée d'emblée dès le début, ce qui est rassurant. Ce livre n'est que le rapport des diverses réapparitions de Karine, jeune fille de 21 ans (si je me souviens bien) victime d'un accident de la route. J'ajoute que les Dray vivent au Mexique, l'un des pays les moins fermés aux phénomènes paranormaux. Ce que j'en ai retenu surtout, c'est la joie qui remplit chaque page de cet ouvrage. Le courage, la recherche, la place au doute. Peu d'images pour servir de preuves, on sait bien que ça ne sert à rien de notre temps où tout peut être trafiqué. Mais la narration du quotidien des Dray et de leur fille qui ne manquait pas d'humour et de volonté pour rassurer ses parents. Un livre d'amour, qui pousse les Dray à créer une association, à communiquer les messages de Karine à des inconnus. Presque chaque page contient aussi leur doute face à ces phénomènes, ce qui les poussent à la vérification, ce sont des érudits à qui on ne conte pas fleurette ! Un livre d'humour mais aussi d'information sur ce que l'on peut nommer l'au delà mais que Karine définit comme étant une autre dimension. Un livre de paix, quand elle demande à ses parents de ne pas pleurer, quand elle les informe de ses activités...un livre d'espoir. J'ai écrit aux Dray (il suffit de taper sur Google : Karine après la vie), ils ne m'ont pas répondu mais il est vrai que je ne leur posais pas de question.
 
Ensuite j'ai pu lire mon cher Irving : L'épopée du buveur d'eau. Ce n'est pas son meilleur livre mais c'est quand même toujours hilarant. Je compare Irving à Balzac car il est véritablement dans la narration, le vrai roman avec des personnages fictifs, maladroits, malchanceux, gaffeurs mais cherchant toujours des solutions car intelligents et conscients des causes de leurs déboires. Avec Irving, on apprend toujours quelque chose, ici bien sur l'urologie, ses maladies et remèdes. Il ne me reste plus qu'à lire L'hôtel New Hampshire que je cherche toujours mais n'ai pas encore trouvé. Et puis son dernier livre sorti à la rentrée. Lire Irving, c'est se plonger dans une histoire longue de plusieurs centaines de pages, se détendre ou se mordre de rire. Quand j'arrive vers les derniers châpitres, je me retiens de lire trop vite bien que ce soit captivant, mais c'est comme si j'allais quitter une partie du bonheur....Irving, je vous adoooooooooore !!
 
J'ai également lu un livre de Christophe Grangé : le condile de Pierre. Le début est un peu difficile, mais l'histoire est passionnante, captivante, excellement bien construite et l'on doit lire la fin pour comprendre toute la mise en scène : un génie d'écriture. Je découvrais Grangé et l'on m'a dit que c'était l'auteur des rivières pourpres. Comme je suis sourde, je ne vais plus au cinéma et je choisis très souvent mes livres au hasard car celui ci permet les bonnes surprises. Ce livre me rappelle Au nom de la rose, même construction, même suspence, même érudition. On se porte à croire aux éléments qui constitue le drame même si l'on doute s'ils existent véritablement. On s'en fout, ce qui importe, c'est d'être transporté dans un espace/temps completement dépaysant.
 
Enfin, j'ai commencé sans aller loin Misery de S.King. Je m'étais pourtant interdite de lire cet auteur génial que j'ai beaucoup lu autrefois mais qui me fait gerber tant ses histoires sont dans le domaine du possible et révèle le caractère inhumain de l'humanité. De toute façon, je n'aurais pas eut le temps de le terminer car je partais quelques jours plus tard. Ouf.... J'ai donc opté pour quelques poèmes d'Arthur Rimbaud et son Bateau Ivre. Un pur régale, meme si l'on ne connait pas ses références à la poésie Grecque. Ben oui, je suis peut etre la seule en France à n'avoir jamais lu Rimbaud et pourtant j'aime la poésie. Or la poésie me met dans un état presque squizophrène tellement c'est un genre littéraire magnifique ; je suis ailleurs, dans les étoiles. Je suis déjà assez étourdie comme ça... Je me souviens néanmoins de L'Odysée de Homère que nous avions étudié au lycée comme si c'était hier.
 
 

TS

TS, quand tu me tiens... TS, quand tu m'auras... Je t'ai donné rendez vous mardi matin, mais tu n'es pas venue. Je t'attendais pourtant, je t'avais préparé un bon cocktail, j'ai pris mon temps. J'ai même cru entendre ton pas raisonner dans mon cerveau dérangé. Ce n'était pas toi hélas. Je l'ai cru alors je me suis couchée, t'attendant sereine. Puis lorsque le réveil est venu j'ai su que tu n'étais pas venue. Mais putain ! Faut croire qu'il y a quelqu'un là-haut où autre part qui ne veut pas que je quitte ce monde ! Une tablette de Valium, 4 mépronizines, 2 téralènes ; ma tête tournait déjà en quittant mon travail avec seulement 3 valium dans le corps. TS, c'était le bon moment. Je te redonne rendez vous la semaine prochaine. Car ça sert à quoi de vivre si je ne peins plus ? Je n'ai plus de force. S'il te plaît TS, vient cette fois.

Sarko et Ségo

Sarko et Ségo sont au deuxième tour : je pouffe un ouf, comme beaucoup; mais... eh oui, l'éternelle insatisfaite vous dit : "ne nous emballons pas ! ". Je suis pour Ségo, elle a fait un beau discours hier et pourtant.... hier j'étais emballée et puis la nuit portant conseil, je me dis qu'au fond ni l'un ni l'autre ne vont pas arranger grand chose dans les 5 prochaines années : il y aura toujours le chômage, toujours des problèmes de logements, toujours la précarité qui nous tord les boyaux. En vérité, les élections sont toujour pareils : elles nous font croire à la présence d'un sauveur mais celui ci s'avère bien coincé pour réaliser ce qu'il nous a promis pour nous appater. Pourquoi ? parce que je pense sincèrement que la France roule pépére et qu'elle aime ça. Je parle de par mon expérience d'handicapée sourde, par exemple, d'artiste aussi, d'amoureuse de la culture et de la solidarité entre les gens qui sont unes de mes valeurs fortes. On dit que l'homme est un loup pour l'homme et cette vérité n'a jamais été aussi prégnante dans le monde vers lequel nous évoluons. A la place de Ségo, je n'espère pas un ordre juste (quelle expression ! un ordre donné n'est-il pas l'entrave à la liberté de celui à qui il s'adresse ?) mais pour une France de dignité. Pour moi, un SDF, RMIste sont aussi dignes que les travailleurs et parfois plus que certains cols blancs. C'est mon côté éducateur qui ressort, là. Aujourd'hui, à mon profond regret, la France a perdu ses valeurs fondatrices républicaines qui sont la liberté, l'égalité et la fraternité. Ce sont bien elles qu'il faut restaurer aujourd'hui, en priorité !
22 aprile

Le vernissage

Le vernissage s'est bien passé hier, j'ai revu des gens que je connaissais pour avoir travaillé avec eux, des personnes qui vieillissent, des artistes marqués par la dureté de la vie mais sachant garder leur dignité et toujours heureux d'aller visiter le travail des autres. Cela m'a touchée. Il y avait également un jeune sud coréen que je connaissais aussi qui fait l'école des beaux arts à Marseille mais qui vient à Paris le temps des vacances. Des jeunes cultivés et sages comme lui, je ne les rate pas, moi qui ai travaillé en tant qu'éducatrice spécialisée auprès d'ados... Ces jeunes là, je les compte sur les doigts d'une seule main ! Le plus drôle est que j'ai reçu des conseils gratuits d'une artiste peintre travaillant la peinture depuis 40 ans et actuellement  professeur au musée Carnavalet ; elle s'est emparé de la liste et a estimé mes toiles, changeant d'office les prix en en augmentant la plupart d'entre eux d'autorité. Elle me dit : "le sous vitre, c'est gratuit ? non ! alors tu le fais payer !". J'ai divisé la salle en deux, la gauche pour le style fouilli et la droite pour celui de fourmi. La prof me dit que ce dernier est moderne, qu'il faut que je continue dans cette voie. Or, à 20 h s'est pointé LE monsieur respecté dans le monde des sourds car travaillant au Louvre et lui me conseille le contraire ! J'ai bien rit, intérieurement. Pour répondre à Clo et à Gaston, je montrerai les toiles dès que la pellicule sera dévellopée, à moins que le photographe d'ACTIS ne les mette avant  sur le site. Le plus touchant est que l'association, connaissant nos difficultés financières, nous a offert les boissons du vernissage et ne prendra pas de commission sur la vente de mes dessins. C'est vraiment sympa.
06 aprile

J'EXPOSE !

C'est tout petit ! on voit rien, donc je précise : le vernissage est prévu le 21 Avril à 17h, au 77 rue Dunois à Paris 13°, mais je serai là-bas à partir de 14h. Exposition de nouvelles toiles acryliques, mais également d'aquarelles et de dessins ! perlimpinpin... 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
05 aprile

mon fils, bis

Ca fait bizarre de voir son fils grandir, de loin. Et surtout de le voir élevé par une autre et qu'il s'en trouve mieux. Il se stabilise, il est plus détendu. J'en voulais à celle qui se reconnaitra, mais après ce que j'ai constaté ce week end, je m'aperçois qu'elle fait un sacré boulot. Titi ne jure que par elle. Cela me blesse mais après tout il n'a que 7 ans et c'est elle qui lui apprend la vie. Je suis heureuse pour lui et c'est le plus important. Je suis en train de devenir une mère biologique. J'ai essayé d'être une mère tout court, j'ai échoué. Les gens me disent de ne pas partir, mon fils aura besoin de moi, il a besoin de savoir sa mère pas loin de lui. Ca me laisse pensive. Après tout, s'il trouve son équilibre auprès d'autres membres de son entourage, de quel droit m'empêcherait on de faire ce que j'estime être mon droit ? De plus, je suis une créatrice, je ne connaîtrai sans doute jamais la reconnaissance. Je me disais cette nuit : je n'ai que 37 ans, il me reste beaucoup de temps encore pour créer, c'est un don que j'ai travaillé, je devrais en être fière. Oui, mais pour quoi faire ? C'est une fausse question : l'art ne sert à rien, si ce n'est éveiller quelque chose d'intangible chez les êtres. J'ai l'honneur parfois de remplir ce rôle, néanmoins ces instants magiques sont si rares. Je me sens seule. Sans me vanter, ça n'a rien d'étonnant après tout. Tous les jours je pèse le pour et le contre. Jusqu'ici c'est le contre qui l'emporte. Ce qui me tenait, c'était que mon fils ait besoin de sa mère, ce qui n'est visiblement plus le cas. Certes ! il est heureux de me voir, mais il l'est aussi de retourner chez son père. Il n'est pas en âge de comprendre ma blessure. Je n'arrive pas à être égoïste et de me dire qu'après tout ce fait me laisse toute liberté de ne penser qu'à la création. J'ai fait un enfant, mon coeur bat en lui. Je ne peux choisir entre la peinture et lui : il me faut les deux. Or désormais, je suis si mal en point que je ne peux m'occuper ni de l'un ni de l'autre. Que dire d'autre ?  
01 aprile

De son sang elle s'abreuvait

DE SON SANG ELLE S’ABREUVAIT

 

 

Ah non ! Ne vous imaginez pas que je vais vous raconter une banale histoire de vampire ! Trop simple, trop familier, plus assez sanglant de nos jours…

Il s’agit simplement de l’histoire d’une élève infirmière qui a mal tournée. Eh oui, des fois ça arrive… Cette jeune fille, nommons là Cathy, avait toujours rêvé d’être infirmière, conséquences sans doute des nombreuses hospitalisations qu’elle avait subi dans son enfance pour des problèmes de yeux. Aujourd’hui sa vue était sauvée, mais elle en gardait des cicatrices à l’âme et se souvenait de toutes celles qui s’étaient occupées d’elle alors qu’elle était alitée, supportant la douleur avec toute la patience et l’abnégation qu’un enfant peut supporter. Parce qu’il est petit, impuissant, parce que ce n’est jamais lui qui décide et que son corps ne lui appartient pas, il se doit d’accepter cette souffrance qui lui est donnée en prime. Sans rien dire. Ces parents, pensant bien faire, lui interdisait de pleurer et de se plaindre. « C’est Dieu qui l’a voulu ainsi, ma chérie, nous ne savons pas pourquoi, sans doute une épreuve pour t’apprendre quelque chose qui te servira plus tard. » Les voix de Dieu sont impénétrables, même les athées connaissent cette litanie. Elle se souvenait des bonnes infirmières, toujours souriantes et dévouées, mais aussi des autres, des monstres incarnés qu’elle voyait par déformation, du double fait de ses opérations et de son imagination. Celles-là étaient toujours grosses, impressionnantes, même de loin, lorsqu’elles lui demandaient ce qu’elle voulait « encore », la porte a peine ouverte. Elle les voyait alors se rapprocher comme par un mécanisme cinématographique, tout en sachant qu’elles gardaient bonne distance, pressées de retourner vers leur tranquillité. Pourtant, elle finit par aimer l’atmosphère hospitalière, ses odeurs, ses codes. Elle y avait été si souvent que l’hôpital était devenu son deuxième domicile, du moins un lieu évident où passer ses jours et ses nuits.

Puis vint le temps de la guérison définitive. C’est plus rare, mais ça arrive aussi. Au plus grand soulagement de ses parents. Quant à Cathy, elle ressentit un vide dans son cœur qui finit par se serrer au point qu’elle en pleurait souvent. Ces parents ne la comprirent pas, n’était-elle pas débarrassée de soins contraignants ? N’avait-elle pas échappé à un handicap effrayant ? Et de manière miraculeuse ? Car après tout, si les médecins avaient été compétents, c’est que Dieu les avait divinement guidé ! Cathy, adolescente, les prit pour des fous. Elle s’échappa d’eux et de sa propre dépression en s’inscrivant à des cours de sculpture. Ses parents l’encouragèrent car c’était pour eux le signe d’un remerciement qu’elle envoyait à Dieu. Elle s’en tapait, elle était ailleurs. Elle travaillait si bien à ses études en vue de décrocher le baccalauréat puis le concours d’infirmières que ses vieux fous lui fichaient la paix tout le week-end en lui permettant de rejoindre l’atelier à la bordure de la ville, dans le calme de la campagne. Ils s’occupaient du petit garçon né peu de temps après sa guérison et qui, lui, ne présentait aucune anormalité. Ils en étaient soulagés, fiers même et ne voyaient pas à quel point ils gênaient leur entourage en parlant de lui tout en le comparant à Cathy « qui leur avait posé tant de problèmes ». Ce n’était que maladresse, elle le savait, mais elle sentait avec dégoût la pitié qu’elle générait alors que sa seule souffrance était justement de ne plus souffrir, de ne plus être le centre de soins, d’attention, de ne plus se promener dans les couloirs si propres qu’ils brillaient jour et nuit comme un soleil blanc mainte fois multiplié au fil des mètres parcourus, de faire connaissances avec d’autres malades, de discuter médecine et pathologies en tous genres avec les infirmières qui préféraient se passer de café pour prendre du temps avec cette jeune fille intellectuellement si éveillée. Certaines lui permettaient même d’aller dans les autres étages afin qu’elle rende visite à d’autres blessés de la vie, avec leur accord bien entendu, en tant que future infirmière. Tous la félicitaient de s’accrocher et de vouloir faire de son prétendu malheur un bien, une vocation, un sacerdoce.

Tout cela lui manquait désormais. Alors elle travailla dur, tant à ses études qu’à son échappatoire, la sculpture. Cet acharnement contribua sans doute à amplifier sa dépression nerveuse car elle eut de plus en plus de mal à se concentrer et ne trouva bientôt la paix que dans son art. Celui-ci se développa de manière telle que le propriétaire de l’atelier lui permit de participer à l’une de ses expositions. On lui proposa même d’acheter ses œuvres, mais elle refusa. Ce n’était pas grave, il était peut être trop tôt pour elle, c’était d’ailleurs encourageant ! Elle le ressentait également ainsi et connu là un brève mais intense satisfaction.

Il lui arrivait assez souvent de se blesser lorsqu’elle sculptait et ce n’était pas rare chez les débutants. Son étonnement fut de trouver cela agréable. Le fait de ne rien sentir sur le coup, puis la souffrance parfois vive selon la profondeur de la blessure, la concentration qu’elle mit à vivre cet évènement jusqu’à l’atténuation de la douleur qui devient picotement, et aussi que son sang se mêla à la pierre et lui donne une couleur inattendue dans des endroits au hasard. Elle ne chercha jamais à l’enlever, il lui sembla naturel que ce sang resta sur la sculpture, à l’intérieur de ses pores, il témoignait de son effort, il en était la preuve, le garant. Et puis il changeait de couleur, comme la pierre changeait de forme. Elle s’aperçut de plus que souffrir physiquement lui calmait les nerfs, comme si ça remettait ses idées en place et relativisait sa souffrance morale. Elle se sentait plus gaie les lendemains, plus énergique.

Mais plus elle sculptait, plus elle progressait en adresse. Elle se blessa donc de moins en moins. Alors elle eut l’idée de signer des œuvres avec une ou plusieurs goûtes de son sang, en se taillant un doigt à l’ultime fin de son travail. Son maître trouva l’idée assez saugrenue, voir horripilante, mais il avait déjà rencontré des cas semblables, surtout chez les génies, qui sont toujours un peu fous. Et Cathy, d’après lui, faisait partie de cette élite particulière. Au début, ce ne fut pas simple car il y a une différence entre se faire du mal par un geste maladroit et se blesser volontairement. Elle prit son temps, ferma les yeux et respira un bon bol d’air au début, puis s’aperçut enfin qu’une petite entaille ne faisait pas plus mal qu’une piqûre et elle apprit à relativiser également la douleur physique.

Enfin vint les épreuves tant attendues : le concours d’infirmières, en deux temps, l’écrit et l’oral, puis le baccalauréat. Elle était tellement à bout qu’elle dût repêcher celui-ci de 30 points grâce au rattrapage oral qui eut lieu trois jours après; trois jours durant lesquels elle se remit à l’étude jusqu’à épuisement. Mais elle rattrapa 40 points et comme elle avait réussi le concours et que celui-ci n’exigeait aucune mention au bac, elle put entrer dès septembre à l’école.

Et c’est là que tout se gâta. Comme elle avait eut le bac au rattrapage, elle fut affectée dans une école assez loin du domicile familial, ce qui l’obligeait à rester seule des semaines durant, ses parents n’ayant pas les moyens de lui payer de fréquents aller et retour en train. Ils lui donnaient tout juste de quoi survivre et elle piochait souvent dans ses économies pour compléter le porte feuille, ce qui fut possible durant un an car elle avait toujours travaillé durant les deux mois des vacances d’été. De plus elle eut du mal à se faire des amis, du fait de sa singularité : elle était rêveuse, la sculpture lui manquait, les études lui prenaient tout son temps. Elle se mit à douter de tout : d’elle-même, de sa véritable vocation. Au cours de ses premiers stages, elle s’aperçut que le métier d’infirmière était devenu beaucoup plus technique qu’autrefois. Les infirmières étaient d’ailleurs souvent appelées des « techniciennes de soins », elles n’étaient auprès de leurs patients que pour leur prodiguer des soins douloureux et n’avaient pas le temps de papoter avec eux. Impossible de créer un lien véritable, du moins dans le genre de celui qu’elle avait tissé enfant avec celles qu’elle avait connue. Elle aima de moins en moins entrer dans une chambre dans le seul but de faire souffrir une personne. Elle n’était pas sadique, seulement masochiste, se dit elle un jour et c‘était déjà bien suffisant ! Tout se mit à lui peser : le non sens de ses journées, des gestes qu’elle rebutait d’effectuer et qui lui étaient pourtant destinés puisqu’elle avait choisi de se former pour eux, sa solitude, le manque de culture car elle n’avait même plus le temps de lire. Sa dépression grandit d’un cran et elle n’avait personne à qui en parler : une infirmière se doit d’être forte et ne montrer ses sentiments, surtout face à la souffrance de l’autre. La sculpture lui avait apprit la liberté d‘être elle-même. Maintenant elle était entrée dans un système très hiérarchisé, surtout en première année d’étude où peu d’initiatives sont permises aux élèves. Elle se sentie de plus en plus prisonnière, comme si elle était entrer dans les ordres où à l’armée. D’ailleurs, beaucoup de ses camarades venaient de familles de militaires. Cela finit par l’effrayer. Sa sensibilité exacerbée par le manque de créativité finit par lui faire perdre le sens de la raison. Elle ne put se concentrer à l’étude, son esprit vagabondait sans cesse. Elle se força à se mettre à l’argile le dimanche. Mais bientôt, l’hiver arriva et travailler l’argile lui gelait les mains. Elle déprima de plus en plus tant et si fort que sa souffrance morale lui devint insupportable.

Alors elle se souvint de son remède particulier qu’elle s’était inventée l’année passée. Elle se mit à chiper du matériel médical, ce qu’on permettait de faire aux élèves pour qu’ils s’habituent à leur manipulation. La différence avec Cathy, c’est qu’elle « empruntait » du matériel destiné aux deuxièmes, voire aux troisièmes années : scalpels, cathéters, et bien sûr aiguilles de différents calibres et seringues. Très peu de pansements ni de gaz. Depuis longtemps elle savait faire des bandages avec dextérité et efficacité.

Rentrée chez elle le premier soir, elle fut effrayée par la vue des scalpels. Elle n’avait jamais vu d’objet aussi tranchant. Elle n’osa même pas les sortir de leur emballage. Il en fut de même pour les cathéters dont le diamètre lui faisait penser à des instruments de torture. Elle n’en était pas là ! se dit elle. Par contre, elle considéra les aiguilles avec plus d’attention, choisi celle qu’elle allait essayer, la visa à une seringue et se tata une veine du coude interne. Elle respira un grand coup et commença à la planter dans son bras. Elle alla si lentement, elle avait si peur qu’elle eut plus mal que la normalité. Néanmoins, elle avait atteint la veine avec succès, ce qui la soulagea pour un premier essais. En plus, une fois l’aiguille enfoncée, à moins de bouger, elle ne ressentait aucune douleur. Cependant celle-ci revint lorsqu’elle dut aspirer son sang avec la seringue. Elle se promit d’emprunter des tubes la prochaine fois, car ceux-ci étant sous vide, le sang les remplissaient sans aucun effort. Elle pensa ensuite à prendre des poches, car elle aima de plus en plus contempler ce si beau liquide, à la fois limpide et pleins de substances qui lui donnaient une certaine épaisseur, « l’épaisseur de la vie » imagina Cathy.

Le problème est que plus le temps passait, plus l’échec de ses études apparaissait aux yeux de Cathy et de ses professeurs. Elle n’en était pas étonnée, juste un peu attristée et elle demanda à ses professeurs d’attendre un peu avant d’en informer ses parents. Après tout, elle était majeure, elle voulait prendre son temps pour savoir si elle souhaitait redoubler, ce qui était possible une fois durant les 3 ans que duraient les études. Dans le cas contraire, elle devait réfléchir à ce qu’elle ferait de la suite de sa vie. Une de ses professeurs pensa la rassurer en lui disant : « Cathy, tu n’as que 19 ans, tu as toute la vie devant toi ! ». Mais Cathy se sentait vieille et incapable de revenir vivre auprès de vieux bigots. Ce métier était le seul qu’elle s’était imaginée exercée, elle se sentie vide sans lui, sans autre projet. Et elle ne voyait pas quel autre emploi pouvait s’en approcher et correspondre à ses attentes. D’ailleurs, elle se sentait tellement perdue qu’elle ne savait même plus quelles étaient ses attentes. Une carrière artistique ? Elle savait que ces parents s’y opposeraient ; s’ils avaient accepté ses cours de sculptures, c’était juste dans un cadre de loisirs. L’art n’était pas pour eux une manière de vivre, alors qu’il était devenu une manière d’être pour Cathy. Elle ne savait pas comment se défendre pour les convaincre de la laisser étudier dans une école de beaux arts. Désemparée, elle s’enfonça dans une folie de plus en plus solitaire. Une fois qu’il fut assuré qu’elle ne pourrait passer en seconde année, ni même tenter l’examen d’aide soignante, elle s’enferma dans son studio. Ces professeurs finirent par prévenir ces parents, c’était leur devoir. Mais comme elle n’avait pas le téléphone, elle ne se déplaça pas dans une cabine pour leur expliquer sa situation. Comment leur dire sa détresse et que leur dire au juste ? Elle ne possédait pas les mots qu’il aurait fallu et eux n’avaient pas les oreilles pour entendre son malheur. Cela faisait si longtemps qu’ils se mentaient les uns aux autres ! Ce n’était pourtant la faute de personne, elle avait simplement acquis, de part ses expériences, une personnalité bien indépendante de celles de ses parents. Elle les imaginait déjà très déçus par son échec, elle ne voulait pas leur causer plus de peine. Elle réfléchit donc des jours durant. Que savait elle faire ? Sculpter. Qu’aimait elle de la vie ? Rien d’autre que sculpter. Et le sang. Sa couleur, ses taches variantes sur ses œuvres. Elle se demanda quel goût il avait. Après tout, c’était le sien, elle le vénérait, il était sa vie.

Désormais, elle avait un cathéter planté en permanence à l’intérieur de son bras droit, fixé par un double sparadrap et nettoyé régulièrement à l’alcool. Elle l’avait laissait là le jour où elle constata avec surprise qu’elle s’était piquée à l’endroit exact du pouls, si fait que son sang sortait de lui-même par jets réguliers. Au début elle en était tombée dans les pommes mais c’était réveillé assez tôt pour éviter l’hémorragie. Elle avait du retirer le cathéter, à bout de force, et nettoyer ses draps tachés. Elle était libre de manquer les cours, même si le délégué de la classe s’était déplacé un jour chez elle pour l’inciter à continuer à fréquenter la classe. Elle l’avait remercié de sa sollicitude mais lui avait affirmée qu’elle était mieux seule pour réfléchir à son avenir.

Et en fait d’avenir, elle voyait de plus en plus clairement qu’elle n’en avait plus. Elle était si affaiblie qu’elle ne se voyait vivre en bohème le temps d’imposer son art naissant au public pour en vivre. Elle savait que cela prendrait des années. Elle savait aussi qu’elle n’avait presque plus de forces. Mieux valait laisser sa trace maintenant. Après il serait trop tard. Ses parents étaient venus la voir, avaient tenté de la raisonner de reprendre ses études ; ils avaient même été voir son professeur principal, suprême honte. Ils n’avaient rien compris car ils n’avaient rien écoutés. « je les ai déçus, se dit-elle, autant qu’ils se contentent du petit et que je les laisse en paix ». Elle les convainquit de lui laisser quelques semaines de réflexion et de rendre les clefs du studio à plus tard. Lorsqu’ils repartirent, le dos courbé, elle sentit un froid terrible l’envahir. On était pourtant en été.

Son esprit entra en ébullition : aurait-elle la force ? Elle regarda ses dernières argiles. Puis elle reprit un cathéter et le planta à l’endroit exact de la pulsation. Le sang se remit à gicler, elle en recueillit plusieurs flacons et referma l’aiguille. Elle prit un pot, y mit son sang, puis avec un pinceau en recouvrit ses argiles préalablement peintes en blancs laqués. Ainsi prirent-elles l’aspect de fragiles porcelaines. Tout ceci lui demanda beaucoup d’énergie. Elle perdit connaissance.

 

Lorsqu’elle se réveilla, elle jugea que ce qu’elle avait fait était bien. Le sang était répandu de manière irrégulière mais elle jugea qu’en tant qu’élément vivant, c’était à lui de choisir où se poser. Il avait été plus ou moins imbibé par l’argile, selon qu’elle fut sèche ou non. C’était également sa trace à elle, ce qu’elle léguait d’elle-même ; à qui ? Elle ne le savait pas mais qu’importe. Maintenant elle n’avait plus grand-chose à faire que d’attendre. Elle eut vite faim, mais n’ayant pas de force pour sortir ni assez d’argent, elle se contenta de goûter son sang. Après tout, son art l’avait goûté lui aussi et son art, c’était elle ! Cela n’avait rien de scandaleux, et puis d’ailleurs, au point où elle en était, elle s’en foutait. Il était bon, sucré, chaud. « Comme du chocolat, mais plus liquide » se dit-elle dans son délire. Elle but un flacon, puis un autre, puis encore un autre. À un moment elle eut la nausée et se mit à vomir juste à côté de son lit. Mais, enivrée par l’audace de son geste, elle recommença. « j’en ai 5 litres, ça va aller vite, je perdrai connaissance et lorsque l’on se préoccupera de mon absence, je dormirai depuis longtemps…. Peut être que mon sang se sera régénéré? ».

En vérité elle s’évanouit avant même de pouvoir arrêter le sang de pulser et ainsi son corps se vida. On ne s’aperçut pas de son absence, mais une tache de sang qui grossissait sur le plafond du voisin du dessous. Il alerta la police.

31 marzo

Mon fils, ma vie

Mon fils, mon fils, mon fils
ma vie, mon amour, mon coeur
je t'aime, je t'aime, je t'aime
tu me manques, mon coeur saigne
mes larmes saigne, ma bouche
saigne de ne pouvoir t'embrasser
et mes bras pleurent de ne pouvoir te serrer
 
Mon petit garçon que j'ai mis au monde
tu es dans mon âme, dans mon coeur, dans mes veines et dans mes tripes
Mon petit ange perdu, nos âmes pleurent à l'unisson je le sais je le sens
c'est pour toi que je resiste à l'appel du ciel
c'est pour toi qu'on m'engueule quand je parle de partir
 
Je t'aime d'un amour que personne ne peut comprendre
moi qui ne te vois presque plus
mes ennemis me jugent
mes amis comprennent
mais va savoir pourquoi je ne retiens que les premiers
je m'en veux, et pourtant...
si j'avais vraiment été égoïste, tu n'aurais plus de maman
 
Mon garçon, mon enfant
 
je crois que je vais péter les plombs encore une fois
cette souffrance est trop dure
comment être monstre de cette façon
et d'éloigner une mère de son enfant ?
 
Je crie, je pleure, c'est injuste
je me déchire comme pour me punir et pourtant
c'est pour ton bien présent que je te laisse à ton père
c'est pour ton bien futur que je me soigne et pense à toi
 
tu pleures, mon titi, je t'entends
tu es si petit, si fragile et si fort à la fois
je suis si fière de toi !
 
Je t'aime,JE T'AIME JE T'AIME JE T'AIME JE T'AIME !!!!
30 marzo

Une tite chanson

Il y a 2 jours, j'ai pu comprendre grace à un bon casque la chanson de Tina Arena : "Aller plus haut". Il se trouve que le refrain irait bien avec ce que je vis en ce moment, en le modifiant lègèrement. Ca donne ceci :
"Aller plus bas
Aller plus baaaaaaas eu
Mais éviter le suiciiiiiiiiide
Allez plus bas
Allez plus baaaas eu
S'assurer contre les bides..."
 
euh... (là j'imite François Hollande façon Guignoles). Je me suis également trouvée un nouveau mot de passe : gogolle. Naturellement, comme je viens de vous en informer, je ne peux plus l'utiliser, mais il y en a plein d'autres : glouglou, glagla, help, jecoule, latasse...
Je vous entends dire : ça y est, elle en remet une couche, ça devient lassant.... Oui da ! moi aussi je commence vraiment à me poser de sérieuses questions sur le destin figurez vous ! Informations nécessaires pour bien comprendre : lundi matin, c'est pas le p'tit prince qu'est venu me serrer la pince mais une ...gogolle qu'a foncé dans ma bagnole ! La pov' (bagnole) est déjà bien esquintée : fuite d'huile et de liquide de refroidissement, l'avant gauche et le parechoc qui partent en couilles suite à l'accident de juin dernier (j'ai pas assez de sous pour effectuer les réparations), bref la pov', disais-je, ressemble plus à une vielle poubelle sur roues. C'est pas fini ! Mercredi, v'là ti pas que j'apprends avoir une couche d'ozone dans un sinus ... enfin, c'est le terme que j'ai utilisé pour me souvenir de l'ostéome, tumeur bénigme. Bénigme, ok, mais tumeur quand même .... "aller plus bas, allez plus baaaaas euh". Pour aller chez le médecin, je ressemblais à un poisson rouge, la bouche ouverte pour chercher l'air ; je n'ai même pas pu monter à pied l'étage, heureusement, y'a un assenceur pour les vieux. Arrêt de travail exigé, je tel à ma directrice, pas ravie bien sûr, après deux mois d'hospitalisation, elle devient plus très fiable la m'ame Ferger...
 
Après quoi encore ? la semaine n'est pas terminée...
 
Une bonne nouvelle quand même, allez ! J'expose du 15 au 29 avril à Paris, vernissage le 21, si je serai encore là. Parce que maintenant j'ai des doutes... ben voui quoi....
04 marzo

10 minutes !

"Dix minutes, pas plus Mme Ferger !". Bon, c'est peu pour se concentrer sur ce que l'on a à dire. J'ai rechuté. Comme ça allait mieux ces derniers temps, j'ai voulu reprendre le train de la vie, mais je me suis fatiguée. Tant pis pour moi, "on vous avez prévenue !". Ouais, ouais... n'empêche qu'il est dur de se voir vivre comme une mémé à 37 ans... J'avais prévu de me remettre à la peinture, du moins de réparer les dégats dus aux divers déplacements, quelques toiles sont éraflées. J'avais aussi prévu de commencer "Chez Baudelaire", mais je n'ai pu qu'en faire un résumé sur mon journal ; un résumé de 4 pages, c'est pas si mal... Mais la mémé m'embête, elle a squatté mon corps, alors que mon esprit est resté intacte. C'est surtout ça qui est difficile : avoir des envies d'effectuer des choses que l'on faisait avant et de ne plus pouvoir. Mais le moral est bon, alors tout ceci ne devrait pas durer bien longtemps. Evidemment j'ai passé des examens psychologiques, les médecins cherchent le pourquoi du comment, et il s'avère que je suis tout à fait normal. Donc ce qui m'arrive n'est que le contre coup de mes 2 dernières années et ma tristesse de ne plus pouvoir m'occuper de mon fils. La liberté a un prix, je le sais depuis mes 20 ans. Aujourd'hui je la paie très chère, mais je ne regrette rien car même malade, je suis toujours vivante et c'est ça qui compte. D'ailleurs il y a de l'espoir, puisque pour nous occuper nous allons 1 fois par semaine dans un atelier peinture et bien sur tout le monde a remarqué que je savais y faire alors maintenant je donne des conseils. Suite aux visites de Ti Clown, j'ai eu des demandes pour donner quelques cours de LSF. Ca change les idées. Mais là je suis crevée, je dors tout le temps. Ca ne m'ennerve meme plus, je fais avec. Les épreuves enseignent la patience. A bientôt j'espère.
28 febbraio

De retour parmi vous

coucou ! me revoici enfin parmi vous ! Quelle joie immense ! Mais pourquoi ce long silence ? eh bien tout simplement je suis tombée malade et j'ai du être hospitalisée. Je le suis encore mais j'ai enfin la possibilité d'utiliser Internet vu l'amélioration de mon état et après avoir insisté lourdement auprès de l'équipe soignante de mon besoin de communiquer via l'outil Internet. Je remercie les mots de soutien que j'ai lu dans mon dernier billet, ça fait énormément de bien. Pendant mon hospitalisation j'ai eu le temps de dessiner, peindre à l'aquarelle et découvrir la technique du pastel gras mais j'ignore encore quand je pourrai scanner tout ça. J'espère reprendre au plus vite les expositions et deux de mes trois livres ont été envoyés aux édition Harmatan. Reste le 3ème qui nécessite un dernier soin: le reliage puisqu'il sagit d'écrits basés sur mes toiles et dessins. Il ne faut donc pas se tromper dans l'ordre des pages ! J'ai commencé également à écrire un roman sur mon expérience dans le service hospitalier car en 2 mois j'ai fait la connaissance d'un tas de gens intéressants, des situations cocasses ou non, découvert le travail extraordinaire du personnel soignant et non soignant et j'aimerai leur rendre hommage. Seulement je n'avance pas vite car c'est encore très douloureux. Seulement, il faut que le fasse maintenant car n'ayant pris aucune note journalière, je vais mobiliser ma mémoire. J'ignore quand je sortirai car je suis encore très très fatiguée et donc fragile. Je mesure désormais la valeur de la vie, si on peut parler ainsi, car la vie n'a pas de prix. Un homme avec qui je commençais une amitié est d'ailleurs décédé une nuit, il occupait une chambre juste en face de la mienne. Inutile de vous dire à quel point j'en fut bouleversée puis révoltée. le soir au diner j'ai exprimé ma colère, mais le personnel soignant, s'attendant à de telles manifestations, a été patient et ne m'a rien reprochée. Je donnerai à ce livre le titre de "Chez Baudelaire". Je vous informerai bien entendu si l'exploit d'être édité vient à venir !
 
Il faut que je rende l'antenne. A bientôt ! 
24 novembre

Repeindre, c'est revivre

Ouf, enfin chez nous ! et puisque je peux repeindre je revis. Je n'en n 'ai pas terminé avec la justice, mais j'ai confiance, c'est de la gnognotte après tout ce que nous avons vécu. Ti Clown va s'inscrire au théâtre et moi je vais envoyer trois livres en édition et relancer les expos. Gé-gnal ! Le plus chouette, c'est que quand je n'ai pas le coeur à peindr (comme la nuit dernière où j'ai appris que Ti Clown s'était encore fait opérer), j'écris. J'ai ainsi commencé une nouvelle où je raconte qu'une mamie, en apprenant le décés par arret cardiaque de son mari après une banale opération de l'oeil, décide de rendre visite au chirurgien pour lui faire payer sa faute. je n'en suis qu'à la 6ème page, je file terminer, c'est trop jouissif ! Vivement que nous ayons un scan pour que je vous montre mes dernières toiles : ça valait le coup d'abandonner mon métier d'éducateur pour celui moins bien payé de veilleur de nuit : je n'ai pas perdu mon temps et je sens les jours heureux arriver.
05 novembre

YOUPIIIIIIIIII

YOUPIIIIIIIIIIII !!!!!!!! Cette fois c'est la bonne ! Nous avons eu notre F1 de 48 m2, nous sommes chez nouuuuusssss, c'est choueeeeeeeeeette ! enfin du chauffage et de l'eau chaude ! et enfin manger pour pas cher ! parce que les restos, c'est bien, mais quand on a des sous... on va se refaire une santé. Mais ce soir, je suis seule, Ti Clown est retourné dans sa deuxième résidence, l'hôtel Dieu, pour se refaire opérer demain. Ca va durer 4 heures, je suis un peu inquiète, même si un cardiologue sera là auprès de lui... Enfin bon, il m'a appris à relativiser, à être Optimiste, alors je pense à notre mariage au printemps prochaine et à demain matin où je vois mon avocate qui est une personne arrangeante, ne cherchant pas à envenimer le conflit. et puis je vais pouvoir enfin m'occuper de mon fils, le remettre droit sur les rails, parce que les "Ta gueule" adressés aux adultes euh... la honte...
29 ottobre

La Galère, un ti morceau

"Comme on dit dans le langage e-mail : Re. Re-déception, re-fus, re-venus insuffisants, re-venez nous voir … Re-ras le bol de tout ça ! Nous sommes des re-buts de la société, les recalés de la misère, personne ne veut de nous, pas assez liquidables, ou trop. On fait chier le monde je crois. Le monde nous le rend bien !".

 

Voilà, donc la galère continue, le livre aussi, qui contient maintenant 139 pages (wouaaah, pas peu fière la meuf!), en deux versions, réalité et fictive. Il va sans dire que je m'amuse plus avec la fictive...

 

Quant à l'appartement, nous devrions avoir un F1 d'ici à mardi, enfin j'espère.... pas mal en plus, 40m2, bien éclairé, nous le diviserons en 2, ce sera sympa.

 

Vivement, car on a un tas de travail à faire sur internet et avec l'ordi, Ti Clown pour faire ses recherches(en quoi, je vous le dirai pas), et moi pour télécharger tous les dessins que je fais depuis juin.

 

Bouh, un toit, un  toit, UN TOIT QUOI !!!!!

20 ottobre

Un appartement !

"On a trouvé un appartement !!!!!". Depuis hier, deux clowns, un mâle et une femelle se mettent tout d'un coup à sauter sur eux mêmes en tournant en rond, serrant les points les bras levés. euh... c'est nous. L'appartement est tout rikiki mais il a deux pièces et une cuisine suffisamment grande pour que l'on puisse manger dedans et surtout, surtout ! les wc ne sont pas dans la salle d'eau. Et puis encore, nous avons vu un chat (pas très commode mais on va se le mettre dans la poche ) et pleins d'enfants, futurs copains d'Arthur. c'est choueeeeeeeeeetttttttttteeeeeeeeuuuu !!!! Je vais pouvoir reprendre la peinture, Ti Clown prendra le bus pour aller à la défense prendre le RER et aller jouer au théatre d'IVT avec des sourds et mon fils sera avec nous, car on rigole bien tous les trois : on se fait des chatouilles, on joue aux billes, aux petites voitures, etc... Enfin j'ai l'impression d'avoir une famille normale. La galère n'est pas pour autant fini car mon ex est d'une méchanceté sans honneur, dégoutante et écoeurante, il a failli me rendre mauvaise et je n'écrivais que des trucs violent et sanguignolent. Puis j'ai eu l'idée d'écrire une deuxième version et là, je m'éclate. J'en suis à la page 123, et ce n'est pas fini. J'ai enfin réalisé un deuxième rêve, celui de prendre plaisir à écrire, de m'amuser comme je m'amuse en peinture maintenant. Je me suis arrangée pour écrire plusieurs histoires à la fois selon l'humeur dans laquelle je suis. Voili, voilou. Bientot les expos, les sorties en galeries, revoir nos amis sourds ....aaaaah quel bonheur............ (évanouissement).
08 ottobre

Un peu de rigolade

Une fois par mois, Ti Clown et moi allons au restaurant Courtepaille. C'est si bon et tellement moins cher qu'à l'hôtel ! Ti Clown me demande de lui lire la carte, ce dont je m'exécute avec entrain. Je lui lit bien 2 pages, j'en suis au steack tartare 180g sauce machin lorsqu'il me dit : "ça y est ! je sais ce que je vais prendre !". Moi un peu soulagée qu'il ait fait son choix car je n'aime pas étaler quoique ce soit en public et comme Ti Clown est un peu sourd, il me fallait parler fort. Je lui demande "quoi ?", il me répond : "Des brochettes de poulets !", ce que je ne lui avait pas cité ! je lui demande "où ça ?" et là, il pointe la page, hilare : "là !". Il voyait parfaitement toute la carte ! Gougea va !!!! Il en a rit jusqu'au soir ! et depuis, j'ai droit à :"hummmm.... ça sent le poulet grillé!" (il y a une rotisserie à côté de l'hôtel). Mais je me venge : il est très chatouilleux et maintenant, c'est la bagarre tous les jours ! On essaie de se changer les idées comme on peut. Par manque d'argent on ne peut pas faire grand chose, il nous faut faire attention à tout. Mon fils me manque cruellement. Mais à côté de ça, c'est tellement évident que nous nous soyons rencontrés, Ti Clown et moi. Nous nous le disons tous les jours, nous nous remercions d'être là l'un pour l'autre. Nous sommes plutôt Un que Deux. Et je suis pressé que mon fils vive ce bonheur de connaître ce qu'est l'attention portée à l'autre, le bonheur d'être ensemble et rire de rien.
07 ottobre

La haine

Tous les matins ou presque, j'ai hâte de me droguer, de me saigner pour me punir de faire souffrir mon fils. Comment puis-je dessiner le  bonheur dans un tel état d'esprit ? C'est impossible, mon esprit n'est que noirceur, colère, rage, haine désirs de vengeances, hurlements. Je suis la lionne à qui on a enlevée son lionceau. Je montre mes crocs mais je suis impuissante : j'ai trop d'ennemis. Mais je me battrai jusqu'à la mort ! Je ne supporte pas l'injustice dans laquelle je baigne. Certains disent que je l'ai fait exprès, mais ce n'est pas ce que je voulais, bandes de charognards ! Je vous hais, je vous maudis ! Comment peindre l'horreur ? Autrefois je l'ai su. Néanmoins j'ai repris l'écriture avec chance, les mots que j'écris correspondent assez bien à ce que je ressens, ils valent donc la peine que je vous les retranscrive.
L'horreur n'est pas qu'au Darfour ou en Irak. Elle est aussi dans mon coeur, épouvatable ! L'écriture est devenue mon arme défensive.
04 ottobre

Mes médicaments

Comment tenir quand tout va mal ? J'ai une recette in-fai-llible : se faire mal physiquement. Je vous assure, ça vous remet les idées en place et surtout vous vous posez la question à savoir réellement si vous voulez continuer ou pas. Dans ces situations, pas de mensonge, pas d'hypocrisie, vous pesez vraiment le pour et le contre. Pour l'instant, je penche pour le pour, car j'ai aussi un autre médicament : l'écriture. J'écris "La Galère", récit en deux versions, en réalité et en version fictive. Et je peux vous dire que je me lache. Je parle de toi Claudine, car je sais que tes yeux de patate me lisent, je parle aussi de toi Véronique, qui n'est plus là alors que j'ai si froid. Mais rassurez vous, j'ai la décence d'expliquer ma colère, qui du coup retombe et me permet de philosopher un peu plus loin que vos deux gros nez. En ce moment, j'ai le choix, je le répéte. J'ai mis au point ma méthode pour le jour où plus rien n'ira. Je sais que j'ai un peu peur de la mort encore, alors j'ai un plan pour la contrer. Je suis libre. Si je tiens, c'est pour mon fils que j'aime quoi que vous dites derrière mon dos, et pour Ti Clown qui connait lui aussi la valeur de la vie. Mais chaque jour passé en plus est devenu une torture morale. Et tout vient en meme temps pour la fête lugubre : l'automne (mais lui, c'était prévu, ok), mon accident de voiture lundi (coincée entre un bus et une bagnole, j'ai pas revu le film de ma vie puisque c'était déjà fait, mais je me suis dit "manquait plus que ça ") puis j'ai attendu, résignée, que tout le monde s'arrete. Les problèmes de frics naturellement, ce qui rend mon ex violent. J'ai du me rabaisser à expliquer point par point l'état de mon compte bancaire à mes parents pour qu'ils m'aident. Dans l'heure qui suivit, ils m'avaient un virement. Mais c'est dingue : devoir dépendre encore de ses vieux à 37 ans et de plus de leur demander, alors qu'ils savent depuis juin dans quelle peine je suis.... Je suis dégoûtée, écoeurée, d'ailleurs si j'ai cessé ma grève de la faim afin de pouvoir continuer à travailler, je n'en suis pas moins anorexique. Ca fait drôle d'arriver au boulot et de voir toute cette nourriture abondante alors que dans notre chambre on crève la dale. Alors je mange un peu mais je sature vite, mon estomac ayant rétrécit. Voilà, bon, à part ça je suis en train de lire le dernier livre des Poivre d'Arvor : "Disparaître" (c'est tout à fait à propos, oui!), mais ça parle des derniers jours de Lawrence. j'ai hésité avant d'acheter ce livre car tout à été dit sur ce personnage qui s'est mystifié lui meme, mais je me suis dit que ça correspondait tellement à ma réalité que j'ai été poussée par la curiosité : à quoi pense-t-on lorsque l'on sait qu'on va mourir ? Et puis avec Lawrence, il est aussi question d'hônneté intellectuelle et de liberté. C'est bizarre comme je me sens en osmose avec lui, décédé en 1935. Bon, j'ai rendez vous chez mon psy. A plus!
 
30 settembre

C'est la vie...

C'est la vie... mais c'est affreux ce que nous vivons aujourd'hui, tellement affreux que j'en chiale tous les jours, moi, une dure à cuire ! Ti Clown subit douloureusement les suites de son opération, il a si mal que pour une fois, il arrive à dormir. Et  moi, même si j'ai cessé ma grève de la faim pour lui, je suis quand même redevenue anorexique. Tous les deux nous vacillons en marchant, nous sommes comme deux aveugles dans un pays de feu. J'ai dépassé le stade de la peur, maintenant je vis au jour le jour, chacun suffisant à sa peine. Nous sommes en survie, nous n'avons pas assez pour manger. Jeudi une collègue m'a prêtée 300 euros, j'en ai pleuré dans les toilettes. Pourtant, c'est bizarre, mais je veux continuer à vivre encore pour connaître la suite. Ti Clown est si exceptionnel, et mon fils si intelligent qu'ils m'épatent tous les deux chaque jour que je vis avec eux. Aujourd'hui nous devions aller à Paris avec un copain, mais j'ai annulé pour économiser l'essence. Demain, inchalla'h, nous irons chez un autre à Sartrouville. Nous devons nous reposer, nous sommes épuisés, par le manque de nourriture, les soucis financiers, l'injustice que nous subissons. C'est tellement pénible que mes deux dernières nuits, je n'ai pas pu écrire, étant assommée par la honte, l'étonnement de vivre ça. Et quand je dessine, ce sont des images telles que "le cri" de... ah oui, j'ai l'esprit qui part en vrille, des troubles de mémoire. Ce matin, je m'embrouillais à la boulangerie. J'ai l'impression de planer. Et je voudrais dire une chose très importante pour finir : ceux qui nous aident, ce sont des marocains, ma collègue tunisienne, d'anciens prostitués et drogués. !bref, ceux qui ont connu la galère et qui comprenne la notre à sa juste valeur. Vous entendez Mr Sarkozy ? Les étrangers sont l'honneur de la France, ils ont appris à se battre, ils connaissent encore ce que veut dire le mot "solidarité" ou encore "fraternité", d'ailleurs on se tutoie... J'ai honte de ce qui se passe depuis cet été, les expulsions arbitraires, les pressions psychologiques. La France est le pays de l'Union Européenne qui comprend le moins d'étrangers, et l'on veut nous faire croire que l'on a trop ! Elle n'est plus "La France de mon enfance" d'Enrico Macias, c'est bien dommage...
27 settembre

grève de la faim

Lundi matin, l'empereur, sa femme et le p'tit prince.... euh non, évidemment il ne s'agit pas de cela. Lundi matin donc, j'ai participé à une médiation avec mon ex et au bout de deux heures il a été noté qu'il me cédait ses parts afin que je puisse continuer de m'occuper de mon fils la semaine, tandis qu'il l'aurait tous les week ends. Mais le texte n'a pas été signé car monsieur demande un délai de réflexion de 15 jours. Nous devions nous voir le 9 octobre. Hier soir, il me demande la Freebox, je lui ai répondu que je la lui rendrai que lorsqu'il me laisserait l'appartement, car la boite est chez mon frère, à plus d'une heure de route. Je l'aurais ramenée en faisant mon déménagement. Et là, monsieur me dit sur un ton d'évidence : "Mais je ne te le laisse pas l'appartement !". Je lui ai fait répéter pour être sûre d'avoir bien compris puis je suis partie. Je savais que le délai demandé n'avait rien à voir avec une réflexion, que c'était pour gagner du temps car il veut que l'on continue à fonctionner ainsi, que je m'occupe de Titi de 16h30 à 21h, chez lui. Or le voir me stresse énormément et je veux que cela cesse. Je considère donc la médiation comme un échec, voilà pourquoi je me permets d'en parler. Face aux caprices incéssant de mon ex, j'ai décidé de faire une grève de la faim qui a commencé à 0h30 cette nuit. J'en informerai mon psy avec qui j'ai rendez vous cet après midi, France 3 qui voulait faire un reportage sur notre médiation (mais à visages découverts, ce qui n'est pas possible), ainsi que le maire de Sartrouville qui reste muet malgré les lettres que je lui envoie. Nous vivons dans un monde cruel, dans lequel le plus fort ou le plus culloté seul peut gagner. J'ai donc décidé d'entrer dans ce jeu cruel et stupide, je n'ai pas le choix. Nous sommes dans une impasse totale, nous ne pouvons rien acheter à cause de mon crédit sur l'appart où je ne vis plus, ni louer car nous n'avons pas de garant. Or l'hôtel où nous sommes ne dispose plus d'eau chaude parfois même à partir de 8h du matin. Mon ami et moi sommes déjà tombés malades, je vous dit pas si l'on y passe l'hiver... Bien à vous.